La soupe aux nouilles

Le riz est le trait d’union des cuisines asiatiques. Mais il ne faut pas oublier le large éventail de pâtes et nouilles dans les cuisines asiatiques et leur utilisation ancestrale ou moderne (pour l’origine des pâtes, voir aussi cet article).

Voici un bel hommage à la soupe aux nouilles:

« En Chine et au Japon, la préparation des nouilles connaît une concurrence exacerbée. En effet, les nouilles de blé ou de sarrasin sont fréquemment consommées à la place du riz pour des raisons financières mais aussi de temps. En moins de cinq minutes, nouilles et bouillons sont aspirés ensemble! De fait, il existe une très grande diversité de nouilles et de façon de les accommoder.
Le film Tampopo (1987), du réalisateur japonais Juzo Itami, met en scène la lutte d’une veuve, gérante d’une boutique de nouilles à Tokyo, pour parvenir à la confection de la soupe de nouilles la plus parfaite. Une scène d’anthologie montre un « maître ès soupe de nouilles » enseignant à son élève les étapes nécessaires à la dégustation d’une soupe. « D’abord, tu examines le tout. Avec soin, tu observes le bol et apprécies les condiments, les perles de graisse étincelant à la surface, la brillance des pousses de bambou les algues qui sombrent peu à peu, les oignons flottant fièrement et, surtout, vedettes incontestables mais modestes : les trois tranches de porc rôti… D’abord, du bout des baguettes, soigneusement, tu caresses le porc. One ne fait que l’effleurer, comme en compatissant… Le saisissant lentement, tu le trempes dans le bouillon, à la droite du bol. Ici, le plus important est de s’excuser auprès du porc et murmurant « A tout à l’heure! ». Puis, on commence par les nouilles. A cet instant, tout en aspirant les nouilles, tu fixes intensément le porc. Là aussi, un regard amoureux. » Le maître mastique alors une pousse de bambou. Puis, tout en mâchant une portion de nouilles, il reprend une pousse de bambou. Il avale ensuite le bouillon en trois brèves lampées. Enfin, il saisit une tranche de porc rôti et la tamponne sur le bord interne du bol. Il répond alors à la question de son disciple: »Maître, pour quoi faire? » « Et, bien, pour l’égoutter! »

Atlas mondial des cuisines et gastrotomies. Gilles Fumey, Olivier Etcheverria. Editions Autrement


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